MNP

Les classes MNP

Les Classes MNP permettent à l’utilisateur d’améliorer la vitesse des transmissions et d’en corriger automatiquement le contenu en cas d’erreur (pour les classes 4 et 5 qui sont les plus connues). Ces dernières sont de moins en moins utilisées laissant place aux protocoles V42 et V42bis qui sont plus rapides et efficaces.

Les protocoles MNP (Microcom Network Protocoles) sont dus à la société Microcom. En gros, un protocole MNP construit des trames avec les données qui lui arrivent du micro-ordinateur, avec une entête et une zone de queue, une FCS (Frame Check Sequence) et une zone de données. Une classe MNP est compatible vers le haut avec les autres classes. Un modem de classe 3, par exemple, dialogue sans problème avec un modem de classe 4, bien entendu en utilisant les règle du protocole commun le plus bas. Les détenteurs de micro-ordinateurs sont surtout concernés par les cinq premières classes MNP et la toute dernière classe 10.

CLASSE 1

Devenue rare, fonctionne à l’alternat et en asynchrone par octet. Chaque caractère est enrobé d’un bit de start, d’un bit de stop et d’un bit de parité. Les caractères sont ensuite associés en trames avec une efficacité protocolaire de 70% du fait même de l’enrobage. Un modem fonctionnant en 2400 bit/s ne débite en réalité que 1 700 bit/s efficaces.

CLASSE 2

Fonctionne toujours par octet, en asynchrone, mais cette fois en full duplex.

CLASSE 3

Définit un protocole synchrone par bits en full duplex. Bien entendu, le micro-ordinateur continu d’émettre en asynchrone, mais les modems dialoguent en synchrone avec une efficacité de l’ordre de 108%. Un modem 2400 bit/s peut ainsi atteindre 2 600 bit/s.

CLASSE 4

Elle est un sur-ensemble de la classe 3, dont elle se distingue par l’adaptabilité de la taille des paquets et l’optimisation de la  phase de données. La première caractéristique permet d’adapter le “moteur MNP” à la ligne qui lui est proposée. Si celle-ci est de bonne qualité, il produit des paquets de grande taille, 256 octets par exemple. Si elle se dégrade dans le temps, il les diminue, éventuellement jusqu’à 32 octets, étant entendu que quelle que soit la taille des paquets, le “coût” en bits supplémentaire reste constant. Plus le paquet est petit, plus la transmission est pénalisée par ces bits, mais, en cas d’erreur, le coût en retransmission est moins élevé. L’efficacité de ce protocole MNP 4 peut atteindre 120% . En prenant en compte une entête (header) “inutile” de quatre octets, un trailer de trois octets et des paquets de 256 octets, on obtient un total de 263 octets, mais un pourcentage utile de 256/263= 0.97 . Or 0.97 x 3000 = 2910 bit/s, ce qui comparé au aux 2400 bit/s se base, représente effectivement un gain de 20% .  Quant à l’optimisation de la phase de données, elle consiste, lorsque les conditions s’y prêtent, à éliminer certaines informations d’ordre administratif, parfois même les quatre octets composant l’entête. La classe MNP 4 est décrite également comme un code détecteur d’erreur. La détection s’effectue dans la zone FCS, calculée à l’émission et recalculée à la réception (avant que la transmission du bloc suivant soit autorisée).

CLASSE 5

Sur-ensemble des précédentes, apporte en plus la compression de données selon un algorithme en temps réel, qui analyse en permanence les données de l’utilisateur émises par le modem et qui adapte les paramètres de compression en fonction de ce qu’il constate. Il existe deux techniques différentes, l’une dite RLL, l’autre de Huffman. La méthode RLL consiste lorsqu’un caractère est répété, à le réduire à son symbole et à un caractère de répétition. Ainsi la suite TTTTTTT devient 7T ce qui est très économique (2 caractères au lieu de 7). Avec la méthode de Huffman, le codage des caractères devient fonction de leur fréquence d’apparition. Ceux qui sont rencontrés le plus souvent comme les voyelles notamment, sont codés sur deux ou trois bits, les moins fréquents sur 9 ou 10 bits.  MNP 5 mesure dynamiquement la fréquence des caractères à chaque  transmission et modifie ses tables de codage en temps réel. Le rendement de compression varie de 1.3 pour 1 à 2 pour 1, voire davantage. Il est en moyenne de 4800 bit/s pour un modem 2400 bit/s et possède une efficacité protocolaire de 200% . Tous les fichiers ne bénéficient pas de manière égale de cette compression, l’efficacité étant nettement meilleure avec un fichier d’impression qu’avec un fichier exécutable EXE ou COM.

CLASSE 6

dispose en plus de la négociation de liaison universelle  et du duplexage statique. La négociation universelle permet au protocole de changer de méthode de modulation en cours de transmission, quand il a affaire à des modems différents. Il commence les opérations à faible vitesse, de façon classique, puis négocie une nouvelle technique de modulation plus rapide. Il peut par exemple commencer en V22 bis à 2400 bit/s puis passer en V29 à 9600 bit/s, si la négociation s’avère positive (on en arrive ainsi à la notion de modem universel). Le duplexage statistique intéresse les transmissions en half duplex. Il s’agit d’un algorithme analysant le profil du trafic en half duplex pour délivre un service en full duplex.

CLASSE 7

est une technique négociée, mais qui concerne la compression. Le codage, qu’il soit RLL ou Huffman, est accompagné d’un algorithme de prévision du nombre de caractères à transmettre (Markov). Prévision qui permet de représenter les données par les codes les moins encombrants, ce qui améliore d’autant le taux de compression global.

CLASSE 8

Réservée pour des produits futurs, n’existe pas encore

CLASSE 9

Concerne le V32 synchrone 9600 bit/s et permet d’atteindre sur réseau commuté, 38 400 bit/s.

CLASSE 10

Elle intègre toutes les caractéristiques des MNP 4 et 5 et offre un lot important d’innovations. Il offre notamment un algorithme qui diminue la taille la taille des paquets de données transmises si le pourcentage d’erreurs sur la ligne est élevé et l’augmente s’il est faible ; en cas de liaison défectueuse, en effet, il sera plus rapide de retransmettre des petits paquets que des gros. En outre, le MNP 10 gère les variations de débit selon l’état de la ligne : si celle-ci se révèle trop mauvaise pour supporter une liaison à 9600 ou 14.400 bps, il se charge de diminuer la vitesse de transmission ; à l’inverse, il la remonte dès qu’une qualité de ligne suffisante est rétablie. Ces nouvelles caractéristiques, et la fiabilisation importante qu’elles assurent, doublent presque le débit réel d’un modem V32, autrement dit elles autorisent la transmission à 19 200 bps.

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