La mort au bout d’un couloir … au Québec ?

Plus le temps passe, et moins la perspective de vieillir en santé au Québec me réjouit. Notre médecin de famille nous a quittés il y a plus d’un an maintenant pour rejoindre le privé. La proportion de Québécois ayant un médecin de famille est passée de 82 % en 2019 à 73,3 % en 2023, selon l’Institut de la statistique du Québec. Nous faisons maintenant partie de cette portion, du plus du quart des Québécois sans médecin de famille ! Quant à ma fille Marine, elle attend qu’on lui attribue un médecin de famille depuis plus de 7 ans … Le Québec est la province canadienne où le nombre de médecins ayant quitté le système de santé public pour aller au privé est aussi le plus important.

Depuis, nous attendons d’avoir un médecin de famille. Et nous ne sommes certainement pas les plus à plaindre. Nous sommes (encore) en santé, mais comme le temps passe et que ce temps ne peut s’hypothéquer, la prévention devient une priorité à ne pas négliger.

Le Québec est la province au Canada ou nous payons le plus d’impôts et de taxes à la consommation. Choix de société de type social-démocratique, on est en droit de s’attendre à bénéficier de services publiques décents, mais c’est loin d’être une réalité …

Pour simplifier et essayer de trouver des solutions à la pénurie de médecins et de personnel médical dans les services publics, le gouvernement du Québec n’a pas trouvé mieux que de l’alourdir un peu plus en ajoutant une couche d’administrateurs avec un nouveau guichet, le GAMF (Guichet d’Accès à un Médecin de Famille). C’est le principe d’essayer de faire plus avec moins, et pas question ici de s’attaquer au problème de fond, on ajoute des fonctionnaires pour contourner un problème (et ça n’a rien de rassurant !).

Pour prendre un rendez-vous sans avoir de médecin de famille, nous devons nous enregistrer via ce guichet, le GAMF, organisation qui filtre les appels et les urgences pour vous attribuer un rendez-vous situé en général dans les 10 km autour de chez vous. Encore là, ce système est à bout de souffle et mal géré. Quand un appel est fait, il faut souvent en faire un deuxième, voir un troisième pour pouvoir, éventuellement, obtenir un rendez-vous, histoire d’insister un peu pour confirmer l’urgence de l’appel. Si le lieu ne vous satisfait pas parce que le rendez-vous est trop loin, alors vous en prenez un autre et rien dans ce système ne va vérifier le précédent rendez-vous qui aura été pris. Ça se traduit par une lourdeur administrative sans nom ou même ce nouveau système peine à répondre à la demande. L’autre alternative, ce sont les urgences dans les hôpitaux avec un temps moyen de 24 à 36 heures d’attente. Alors bien entendu c’est exclus sauf si c’est vraiment urgent. Et encore là, même aux urgences, des patients meurent faute de pouvoir voir un médecin …

Alors que faire si la prévention n’est plus une priorité pour nos élus, ces gestionnaires souvent déconnectée de la réalité ? Sans prévention, il faut alors guérir le mal quand il arrive, et c’est souvent trop tard, dans un système misérable et inadéquat aux soins de santé pour une démographie actuelle qui grandit et vieillit plus vite que prévu.

Ce système de santé « tue » littéralement nos chances de mieux vieillir plus longtemps au Québec.

Quelles en sont les raisons ? Les infrastructures vieillissantes et qui tombent en ruine, en plus de coûter des millions en rénovation d’urgence chaque année ? Le travail des infirmières mal payées, qui ne peuvent avoir de vie de famille à cause des horaires surchargés ? Une structure de l’état ressemblant à un éléphant, ou ça prend 10 fonctionnaires pour pousser un stylo ? Le manque de communication entre les établissements de santé ou chaque hôpital vous oblige à avoir une carte d’identité personnalisé ? La corruption banalisée par les médias ? Des coupes budgétaires qui sont déplacées pour des buts électoraux ? Ou bien est-ce le salaire des médecins souvent millionnaires qui n’est pas encore assez important ?

Le tableau ci-dessous montre le salaire moyen des médecins au Canada …

Notre système de santé et ses dirigeants sont décourageants, pour un pays qui se veut moderne et qui ne se donne pas les moyens de garder ses citoyens en santé. Une société évoluée devrait encourager l’éducation (aussi en très mauvais état) pour promouvoir les métiers de demain et trouver les vocations de chacun pour un monde meilleur, et surtout de s’en donner les moyens. Nous manquons de médecins, alors investissons pour demain et non pour hier. Une société qui délaisse la santé et l’éducation s’appauvrit. La réalité c’est que nos impôts augmentent et nos services publics diminuent. Est-ce le Québec de demain que nous souhaitons avoir ?

Malheureusement, ceci n’est pas nouveau :

Quelques références :

À propos de ymartin

YMartin.com / ve2ymm.com
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